Wafa Hourani, le futur d’aujourd’hui

Wafa Hourani, le futur d’aujourd’hui

Qalandia 2087 | Installation en 6 parties, technique mixte, son, dimensions variables

« Dans Qalandia 2087, Wafa Hourani nous propose la vision futuriste de ce lieu cent ans après la première Intifada (…) où voitures de courses, avions de ligne, antennes TV aux formes fantaisistes, terrasses de café et piscine transforment le camp de réfugiés en un espace où la communication et le lien social redeviennent possibles. »

Né en 1979 à Hébron, Wafa Hourani vit et travaille à Ramallah. Profondément marqué par le conflit israélo-palestinien et par le devenir du Proche-Orient, l’artiste développe une œuvre qui révèle le contexte social, politique et économique de la vie en Palestine.

Diplômé de l’école d’Art et de Cinéma du Tunis, il réalise tout d’abord des films avant de se tourner en 2006 vers une production plastique, plus à même à exprimer, selon lui, la question palestinienne. Utilisant la photographie et la sculpture, il crée des environnements qui rendent compte d’une réalité dans laquelle passé et futur sont intrinsèquement liés.

Partie intégrante du projet Photolife, la série Qalandia (2006-2009) exprime tout particulièrement l’engagement de l’artiste à travers la vision d’une réalité palestinienne projetée cent ans après les grands événements de son histoire : l’exode palestinienne (Qalandia 2047), la guerre de six jours (Qalandia 2067) et la première Intifada (Qalandia 2087). Emblématique du travail de l’artiste, les œuvres qui chacune reconstituent sur le modèle architectural de la maquette l’un des principaux check-point et camp de réfugiés palestiniens, ont été exposées (séparément) à la 1ère biennale de Thessalonique en 2007, ainsi qu’en 2009 à « Unveiled: New Art from the Middle East à la Saatchi Gallery de Londres, à la 11 ème biennale d’Istanbul et à « Disorientation II » à Abu Dhabi en 2009.

Qalandia 2087

Réalisée à partir de cartons et de photographies d’archives,Qalandia 2087 (2009) est le troisième et ultime volet d’une série d’installations de Wafa Hourani. L’artiste reproduit, sur le modèle de la maquette, l’un des principaux check-point et camp de réfugiés palestiniens. Situé au nord de Jérusalem, Qalandia constitue depuis 1949 le point d’entrée et de sortie de Ramallah, divisant le pays sur sa rive ouest. L’artiste s’est intéressé à ce lieu particulier de l’histoire palestinienne du fait de sa proximité avec son aéroport, transformé en base militaire avec l’occupation israélienne. Ce paradoxe d’un territoire, initialement relié au reste du monde et devenu lieu de l’isolement palestinien, rend compte de la réalité politico-sociale du pays.

Dans Qalandia 2087, l’artiste propose la vision futuriste de ce lieu cent ans après la première Intifada. Contrairement aux deux premières pièces de la série qui présentaient une vision apocalyptique de Qalandia – cent ans après l’exode palestinienne pour Qalandia 2047 (2006) et cent ans après la guerre de six jours pour Qalandia 2067 (2008), cette nouvelle version évoque le devenir palestinien sur la base d’une utopie politique.

Ici, il n’est plus question d’occupation d’un territoire donné mais d’intégration. Le mur qui, à l’origine, divisait l’espace entre le check-point et le camp de réfugiés a été remplacé par une façade en miroir. L’aéroport de Qalandia retrouve aussi sa fonction première d’aéroport civil, tandis que le check-point devient une place réservée au discours public. La vie semble reprendre le dessus. Voitures de courses, avions de ligne, antennes TV aux formes fantaisistes, terrasses de café et piscine transforment le camp de réfugiés en un espace où la communication et le lien social redeviennent possibles. Le nouveau parti « The Mirror » vient de remporter les élections et renvoie chaque palestinien à son histoire en l’invitant à prendre part dans la construction d’un avenir meilleur.

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