Sahar Khalifa, une nostalgie palestinienne

Sahar Khalifa, une nostalgie palestinienne

En 60 ans de vie, Sahar Khalifa n’a quitté la Palestine que pour aller préparer un doctorat aux Etats-Unis. Cela a duré sept ans, durant lesquels son pays resurgissait dans sa mémoire avec une nostalgie déchirante. Elle le gardait dans son imaginaire, tel un espace sacré, un paradis perdu.

Mais elle savait que la réalité était autre. « La patrie est pénible … la guerre, les ruines. Celui qui habite la patrie, comme nous, sait combien nous l’aimons et la haïssons à la fois. Je hais l’ignorance, les esprits bornés, les régimes au pouvoir, je hais le fait d’être assiégée au sein de la famille.
Je déteste le regard que la société porte sur moi en tant que femme, c’est-à-dire créature faible et épuisée, je déteste les lois civiles et les législations. Je hais tout cela et je ne peux pas le changer. Mais j’aime mon pays. J’aime les gens, la nature, l’ancienne Naplouse ravagée aujourd’hui par les Israéliens, son architecture et ses voûtes, j’aime aller à Jérusalem et regarder de loin le magnifique dôme au moment du coucher du soleil. Croiser au lever du jour les paysans, chargeant leurs montures de figues et de lait… »

Sahar Khalifa est née en 1942 à Naplouse. Après avoir enseigné à l’université de Birzeit, en Palestine occupée, elle suit des études en littérature anglo-saxonne aux États-Unis, à l’université d’Iowa, puis revient en Palestine en 1988, où elle fonde le « Centre des études féminines » qu’elle dirige depuis.
Ses romans, au travers desquels elle plaide en faveur des femmes, disent tous sa conviction que leur lutte pour la liberté ne peut s’inscrire que dans le cadre politique de la libération du peuple palestinien. Elle est considérée comme la première romancière palestinienne. Son oeuvre comporte plusieurs romans traduits dans différentes langues, y compris l’hébreu, ainsi que des essais.

Bibliographie

1975 Nissâ’ al-dhill (« Les femmes de l’ombre »)
1976 Al-Subbâr (« Chronique du figuier barbare », Gallimard)
1980 Abbâd al-Chams (« La foi des tournesols », Gallimard)
1986 Mudhakkirat imrah ghair waqi’iyah
1990 Bâb al-Sâha (« L’impasse de Bab Essaha », Flammarion)
1992 Mudhakkirât imra’a ghayr wâqi’iyya (« Journal d’une femme irréaliste »)
1997 Al-Mirâth (« L’héritage »)
2002 Soura wa Ayqûna wa ‘Ahdun qadîm (« Une image, une icône et un ancien testament »)
2004 Rabî’ hâr (« Un printemps très chaud, Seuil)
2006 Lam na’ud jawâri lakum (« Nous ne sommes plus vos maîtresses esclaves »)

Distinctions

1996 Prix Alberto Moravia de fiction étrangère (Rome).
1999 Prix Qasim Amin de littérature féminine.
2006 Prix Naguib Mahfouz (décerné par l’Université  du Caire)

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