Réalités palestiniennes au festival de Confolens

Réalités palestiniennes au festival de Confolens

Seule en scène, la troupe «Gidoor», de Doha en Palestine, fait un tabac. Mais hors de question pour elle d’apparaître sur scène avec la troupe israélienne.

Gidoor a  refusé de partager la scène pour des raisons politiques : jamais le Festival international de folklore de Confolens (16) n’avait connu ça. C’est pourtant ce qui se passe depuis la semaine dernière et qui a créé un « incident diplomatique » au sein d’une manifestation qui pratique depuis toujours « l’amitié entre les peuples ».

De quelle amitié est-il question ?

Jeudi 9 août. Le 55e festival est lancé. Lors de la grande cérémonie d’ouverture, toutes les troupes sont là. C’est qu’on ne rate pas une cérémonie d’ouverture à Confolens! Toutes les troupes sauf une: celle de «Gidoor», des Territoires palestiniens. Au final de cette même soirée, alors que toutes les formations viennent saluer chaleureusement le public, «Gidoor» manque toujours à l’appel.

Samedi 11 août. C’est «la nuit en fête» que précède l’incontournable défilé qui attire tant de monde. À l’heure du départ, alors que chaque formation est prête à défiler, une responsable du groupe des Territoires palestiniens vient affirmer leur position et le refus de se produire avec la troupe israélienne. Ils quittent donc discrètement le défilé.

Que se passe-t-il du côté de «Gidoor»? Un malaise ? Un malaise très perceptible, car il est facile d’entendre les commentaires étonnés, surpris, des festivaliers qui ne comprennent pas ce qui se passe (si tant est qu’il il existe des adultes en France, qui ne ignorent la nature des relations entre palestiniens et israéliens ! fussent-ils des ermites qui vivent en retraite dans un couvent au fin fond de la Creuse ; sincèrement je n’en connais pas ; mais apparemment ils existent et plus que je n’étais capable de l’imaginer !)

La responsable de la tournée en France, la joue diplomate et avance un langage feutré et bien touchant : «Ils vivent très mal l’occupation de leurs territoires. Certains ont des membres de leur famille ou de leur entourage en prison à cause de ça. Donc, ils ne veulent pas se produire à côté des artistes israéliens sur scène.» Normal elle est dans son rôle !

Qu’en penser ?

Alors sous prétexte de tolérance envers celui qui colonise et martyrise tous les, doit on s’asseoir sur ses idées ?
Parce qu’on est en France (c’est qu’il m’a semblé comprendre à travers l’interprétation de la presse locale …) , on doit oublier ce que l’on est et se soumettre à la dictature de cette « pseudo-tolérance » qui ne dit pas son nom ?

J’appelle cette « attitude » que ces gens « bien » qualifient d’inadmissible une simple poursuite du boycott culturel, massivement suivi et auquel j’adhère totalement. En Suisse, en Belgique, en Angleterre et EN France.

Crédit photo : Phil Messelet

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