Projet solo du benjamin du Trio Joubran : Adnan Joubran

Projet solo du benjamin du Trio Joubran : Adnan Joubran

Pour son envol en solo, le benjamin du Trio Joubran a réuni autour de lui trois partenaires venus de cultures différentes, le joueur de tabla indien Prabhu Edouard, le violoncelliste français Valentin Moussou et en invité spécial le souffleur espagnol Jorge Pardo au saxophone et à la flûte.

« Borders Behind », qui révèle les talents de compositeur d’Adnan Joubran, est une oeuvre ouverte sur le monde.
Enrobés dans les volutes de son oud, on y hume des parfums de jazz et des climats à la fois délicats et puissants, comme la bande-son d’un film imaginaire.

prabhu-700

Pradhu Edouard

Adnan Joubran a longtemps caressé le rêve de devenir cinéaste. Les mélomanes n’y ont pas franchement perdu au change. Voilà dix ans que leur imaginaire est stimulé par le flot d’images que son oud suscite aux côtés de ceux de ses frères aînés Wissam
et Samir, au sein du Trio Joubran.

« Soit je pars d’une image pour composer, soit j’essaie de créer des scènes de cinéma à travers la musique », explique-t-il. Le concert triomphal du Trio à l’Olympia, en février 2013, a célébré cette première décennie à repeindre les murs de la tradition à coups de fresques grandioses. Ce sont d’autres tableaux, plus intimes, qu’Adnan a cette fois éprouvé le désir de composer.
Situé à quelques encablures du Centre Pompidou, juste sous les toits, le home studio parisien du musicien palestinien de 28 ans se remarque à peine.

Tout juste décèle-t-on la présence d’un ordinateur, de quelques micros. C’est là qu’il a commencé à assembler des idées éparses, voilà près de trois ans, des rêveries très personnelles qu’il savait ne pas convenir au Trio. Avec un désir légitime : ne pas étouffer dans un groupe intégré à l’âge de dix huit ans, dont l’alchimie fait certes des étincelles, mais après son lot de désaccords, de fâcheries, de rabibochages sur le fil – d’équilibres à trouver à trois, constamment.

Tout en conservant son enracinement dans la tradition moyen-orientale et son approche très personnelle de l’instrument, en respirations et en suspens, Adnan s’est laissé attirer vers les rivages espagnoles du flamenco, parfois effleurés par le Trio, ainsi que, plus étonnamment, par ceux de l’Inde. Le résultat d’une lente imprégnation plutôt qu’une démarche extrêmement consciente. « Les maqâms [échelles mélodiques] et la façon de passer de l’un à l’autre sont très online casino proches entre les musiques orientales et indiennes, précise-t-il.  Quand j’écoute un raga, j’en vis chaque développement. Quant au flamenco, j’y entends la même passion que dans la musique orientale et j’y retrouve les quarts de ton absents de la musique occidentale. »

C’est son ami, le oudiste et chanteur tunisien Dhafer Youssef, qui lui parle du joueur de tabla Prabhu Edouard, basé à Paris. Coup de foudre. Ses tablas se marient à merveille aux percussions orientales jouées par En effet, le virtuel qui la gere est parfaitement securise et tres concerne par la qualite du service propose. Adnan lui-même, ainsi qu’au cajon et aux palmas de l’Espagnol Javier Sanchez. Une danseuse de flamenco, accompagnée lors d’un spectacle à Madrid, le met ensuite sur la piste de l’une de ses idoles : Jorge Pardo, flûtiste et saxophoniste ayant enluminé quelques chefs d’oeuvre de Paco de Lucia. Fébrile, Adnan lui interprète quelques compositions. Pardo se propose de jouer sur toutes. Adnan complète la palette de couleurs par le violoncelle de Valentin Mussou, rencontré en 2009 lors denl’enregistrement de la BO du Dernier Vol, le film de Karim Dridi.

Au cours des deux ans de gestation de l’album, Adnan mène sa barque seul, hors de tout producteur, de toute maison de disques. Il délivre l’album fini, à prendre ou à laisser. Les conditions de cet enfantement, cette solitude forcenée, assumée,
ne sont pas pour rien dans la profonde singularité du résultat : ces toiles inédites sur lesquelles s’agrègent trois traditions, trois aires géographiques, Proche-Orient, Espagne, Inde.

Les rythmes se recoupent, se décuplent plutôt, comme sur le morceau d’ouverture, qui superpose un rythme de buleria à celui du dabke palestinien. Les timbres se découvrent une symbiose, à l’image des entrelacs du oud et du violoncelle, dont Adnan rappelle qu’il découle du rabâb, son aïeul oriental, plus petit.

Du début à la fin de l’album, Adnan Joubran développe surtout une véritable science des climats, languides ou bouillants, de même qu’un sens narratif qui sait ménager ses rebondissements. Une musique de l’intime, mais grande ouverte sur le monde. Une musique de l’imaginaire, toujours. « Le fait de rêver est plus beau que le fait de réaliser son rêve, car seul le cheminement importe », pose-t-il. Ce dont cet aspirant cinéaste devenu musicien d’images apporte la limpide démonstration.

Borders Behind

Sortie le 8 avril 2014
(Randana / Harmonia Mundi)

Concert au Café de la Danse à le 24/04/2014
http://www.cafedeladanse.com/adnan-joubran-borders-behind/

Acheter le cd sur amazon
http://www.amazon.fr/Borders-Behind-Joubran-Adnan/dp/B00GA8B7PS

Extrait trailer video

 

Previous Décés d'Ibrahim Mohamed Salah "Abou Arab"
Next Mahdi Fleifel primé au Festival du film méditerrannéen de Tétouan

About author

A lire aussi ...

Culture O Commentaire

Expo Sohail Salem à Villefranche de Rouergue

« Les esquisses au fusain de Sohail Salem, ressemblent, elles, à des griffures faites par des prisonniers sur les murs de bagnes. Des images simples mais universellement compréhensibles par le public.

Pec

PALESTINE EN CAMPAGNE – LA BΞLUGΛ

La BΞLUGΛ présente à PEC 2017! Du trobar au slam… Du Choc jaillit l’Étincelle…. Ce choc, c’est la rencontre de la musique ancienne avec la musique électro. Cette étincelle, La

Silence, la machine à censure va sévir …

Oui le machine est lancée ; faire taire Ahlam Shibli. Le travail de la photographe palestinienne provoque la colère du Crif ; comme toujours avec à peu prés les même

O Commentaire

Aucun commentaire

You can be first to comment this post!