« May in the Summer » à l’ouverture du Festival de Sundance

« May in the Summer » à l’ouverture du Festival de Sundance

Choisie parmi 12.146 films en provenance de 32 pays, Cherien Dabis, cinéaste d’origine palestinienne, déjà récompensée à Sundance (avec Amreeka) vole la nuit d’ouverture convoitée du 29ème Sundance Film Festival avec May in the Summer, en lice dans la Compétition US Dramatic.

May, un drame sur une future mariée revenant sur sa vie lors d’un retour en famille en Jordanie, a été soutenu par le nouveau Jordan Film Fund et a également été cofinancé par l’Institut du Film de Doha. Le film a été tourné l’été dernier en Jordanie avec une équipe composée à 80% de locaux et marque les débuts d’actrice de Dabis, aux côtés de Bill Pullman, Hiam Abbas, Alia Shawkat, Nadine Malouf et Alexandar Siddig. may-in-the-summer-3« En son centre, en son cœur, [le film] se porte sur la famille et sur un personnage aux prises avec son propre sens de la vérité », a déclaré Dabis, qui a également expliqué que son film a été influencé par son enfance passée avec ses quatre sœurs.

Visant une fois de plus un public friant de films d’auteurs, la sélection de Sundance continue de se concentrer sur la qualité artistique et l’accessibilité vers le grand public. Cette année, les thématiques des films incluent les relations sexuelles, la rébellion de l’adolescence, le meurtre, la découverte de soi, la politique, l’éducation et la musique. Un nombre sans précédent de femmes réalisatrices, un grand nombre de films réalisés par des personnes issues de la télévision et près de 50% de nouveaux réalisateurs font partie de la sélection 2013.

A citer aussi, Wajma (An Afghan Love Story, lit. Une histoire d’amour afghane) de Barmak Akram, un long-métrage sur une femme afghane tombant enceinte hors mariage et le crime et les sacrifices qui en découlent, fera lui aussi sa première dans la Compétition World Dramatic.

Fidèle à sa traditionnelle soirée d’ouverture, le festival s’ouvrira avec quatre films. May in the Summer partagera la vedette avec le documentaire Twenty Feet From Stardom, le drame chilien Crystal Fairy et le documentaire britannique Who Is Dayani Cristal?.

Extrait d’interview de Cherien Dabissundance

Quel est votre premier souvenir de la Palestine ?
J’avais 8 ans. Nous avons été retenus à la frontière pendant douze heures. Ma sœur et moi, avons subi une fouille au corps. Mon père en a été si humilié que nous n’y avons plus remis les pieds. Vingt ans après, j’y ai réalisé un court-métrage, Make a Wish, sur la vie d’une petite Palestinienne de 11 ans dans les Territoires occupés.

Pourquoi avez-vous choisi le cinéma plutôt que la politique ?
À cause de la première guerre du Golfe qui m’a tant marquée, je voulais changer la perception qu’on avait de nous, lutter contre les stéréotypes. Pendant les dix années qui ont suivi, j’ai exploré différentes voies. À Washington, j’ai travaillé à des campagnes de communication sur les droits civiques. Mais j’ai compris qu’il n’y avait pas de place pour la vérité en politique. La vérité, je pouvais l’exprimer à travers la fiction. Le week-end avant les attentats du 11 Septembre, j’ai emménagé à New York pour étudier le cinéma à l’Université de Columbia. Mauvais timing ! On se trouvait, une nouvelle fois, confronté à la discrimination. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à écrire le scénario d’Amerrika.

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