L’économie de la Palestine par Adel Samara

La tendance de l’économie palestinienne actuelle peut se définir ainsi : se divise

– Une économie totalement périphérisée, avec pour unique centre l’Etat d’Israël. Les villes palestiniennes sont dans une relation de dépendance économique directe avec Israël, et elles ne constituent même pas un « centre » pour les villages aux alentours, eux aussi dans un rapport de subordination directe.

– Une économie qui ne maîtrise pas ses priorités en terme d’investissement et de développement. Tout investissement et projet de développement étant soumis à l’approbation israélienne, il s’inscrit forcément dans le cadre de l’intégration inégale. La plupart des investissements s’effectueront donc logiquement dans le domaine de l’habitat, domaine qui ne peut guère bouleverser les « équilibres » économiques.

– Une économie dans laquelle les capitaux sont encouragés à fuir : en 1967 Israël ferme toutes les banques et les remplace progressivement par des banques commerciales israéliennes. Peu convaincus de confier leur argent à des banques israéliennes, les Palestiniens ont eu tendance à placer leur argent à l’étranger, ce qui a contribué à ralentir le développement économique, de même que l’absence de tout système de crédit.

– Enfin, une économie captive de l’économie israélienne, tant du point de vue des importations que des exportations : les producteurs et marchands se sont adaptés aux besoins de l’économie israélienne ; les exportateurs et les importateurs ont perdu la possibilité d’importer ou d’exporter directement depuis ou vers d’autres pays dans des conditions plus avantageuses.

Adel Samara est un économiste et écrivain palestinien. Il vit à Ramallah. Il est journaliste au quotidien AlarabOnline et directeur du Centre oriental pour les études culturelles. Il dirige également la revue palestinienne trimestrielle Kana’an. Il a publié de nombreux livres traitant de la question palestinienne, malheureusement pas traduits en Français à ce jour. En novembre 1999, il fut l’un des 20 signataires d’un appel dénonçant la corruption, le manque de démocratie et les trahisons de l’Autorité Palestinienne. Cela lui a valu d’être arrêté par la police palestinienne à l’époque.

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