Larissa Sansour, le talent qui dérange

Larissa Sansour, le talent qui dérange

07/09/2012 | 20/10/2012
Expo « Nation Estate » Galerie Villepoix Paris 3e

Ce n’est pas l’avis en tous les cas de la galerie Anne de Villepoix à Paris qui expose actuellement ses dernières créations.

La palestinienne Larissa Sansour est connue pour avoir réalisé une vidéo « A space Exodus » : on la voyait planter un drapeau palestinien de son pays sur la lune.

A Space exodus | par Larissa Sansour


Lauréate du prix Elysée Lacoste 2011 en Suisse, elle en a été exclue : les trois photos exposées ont été jugées trop politiques, trop « exagérément pro palestinien », selon Lacoste.
Le thème du concours : la joie de vivre. Larissa Sansour avait intitulé son projet Nation Estate  (qu’elles expose actuellement dans une grande galerie parisienne), « une représentation de la naissance d’un Etat palestinien imaginaire réduit à un seul et immense gratte-ciel ». L’entreprise au crocodile a estimé que le travail de l’artiste n’avait rien à voir avec le « joie de vivre ».

Au philistin, on se demande bien ce que ces « gens », fussent-ils les représentant d’une mutlitinationale française ou encore de généreux mécénes clturels, savent de la joie de vivre  ? Une marque qui surfe depuis 100 ans sur un produit d’un classicisme désuet aujourd’hui devenu l’apanage de tous les petits malfrats en mal de reconnaissance (bien entendu François-Henri Quinebougejamais lui continuer à arborer, fidèlement et fièrement, cela depuis 60 ans son crocodile bling-bling pour aller faire sa petite partie de golf). Bref, les artistes du « lisse » par excellence, les « experts en joie de vivre » se mettent à causer de la vie ! Brrr ….

La solution « sansourienne » au problème palestinien

Larissa Sansour a trouvé la solution au problème palestinien (s’il s’agit juste d’un problème palestinien …). Un Etat palestinien cohérent est impossible à cause des colonies israéliennes et des barrages militaires ? Il n’y a qu’à construire une Palestine … en hauteur, une tour géante qui reproduirait chaque pouce de cette terre contestée.

C’est évidemment une vision artistique, provocatrice, et pas un projet soumis à l’approbation du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce projet est le fruit de l’imagination de l’artiste palestinienne Larissa Sansour, et il est montré pour la première fois à Paris après avoir fait des vagues il y a quelques mois, lorsque le groupe Lacoste a voulu l’exclure d’un prix qu’il sponsorisait en Suisse.
Le titre, en anglais, est ironique : « Nation Estate », jouant sur le mot « state » (Etat), et « estate », de « real estate », l’immobilier…

« L’affaire » suisse Elysée-Lacoste

En 2011, la marque de vêtements Lacoste avait retiré son soutien financier au Prix Elysée-Lacoste, qui récompense de jeunes photographes, après une semaine de polémique. L’objet du scandale: une jeune artiste palestinienne, Larissa Sansour, avait été débarquée de la liste des finalistes, selon elle suite à la demande du sponsor Lacoste.

D’après les règles du Prix Elysée-Lacoste, fondé en 2010 et doté de 25 000 euros, c’est le Musée suisse de l’Elysée qui établit la liste des huit finalistes. Le musée, spécialisé dans la photographie et financé par le canton de Vaud, avait créé ce prix en 2010 après l’arrivée de son nouveau directeur, le Français Sam Stourdzé.
L’une des finalistes, Larissa Sansour, 38 ans, a grandi en Cisjordanie. Elle avait choisi de traiter le thème imposé, «La joie de vivre», sur un mode ironique: sur ses images, intitulées Nation Estate, on voit la population palestinienne installée dans un gratte-ciel. Sauf que, début décembre, avant même la tenue du jury, son nom a disparu de la liste des nominés.
Son assistant de l’artiste, Soren Lind, raconte : «Le directeur du musée l’a appelée pour lui dire que des gens de Lacoste trouvaient son travail trop pro-palestinien, et qu’ils avaient décidé de l’exclure.»

Chez Lacoste, on dément totalement avoir écarté l’artiste pour des raisons politiques. «Nous regrettons les interprétations politiques qui ont été faites, affirment, par téléphone, les représentants de la société. Ce travail a été rejeté uniquement parce qu’il ne répondait pas au thème imposé, «La joie de vivre».» Soren Lind rejette l’argument: «Dès le départ, le musée avait encouragé les artistes à s’exprimer avec ironie et liberté.

Et si vraiment ça ne rentrait pas dans le thème, pourquoi l’avoir nominée d’abord? L’artiste n’a pas postulé, on est venu la chercher. Ça n’a aucun sens.» Chez Lacoste, on assure qu’«il ne s’agit pas d’une censure», et que «la décision a été prise en commun avec le Musée de l’Elysée, dans le cadre d’une discussion permanente avec le musée, sur plusieurs mois.»
De son côté, le Musée de l’Elysée a attendu une semaine avant de prendre ses distances vis-à-vis de son sponsor. Le directeur, Sam Stourdzé, admet que «les règles du prix n’ont pas été respectées par une des parties», à savoir Lacoste, mais qu’il a tenu à «chercher un compromis acceptable par tous, afin de sauvegarder les acquis de l’édition précédente et le  travail des sept autres photographes».

Il a ainsi proposé à Larissa Sansour d’exposer ses œuvres hors du cadre du prix.
L’artiste, qui avait d’abord accueilli la proposition favorablement, a renoncé. «Le musée l’a invitée à exposer, mais il a ensuite suggéré à Larissa de dire qu’elle renonçait au prix pour «poursuivre d’autres opportunités», s’étonne Soren Lind.
Elle ne voyait pas pourquoi elle participerait à ce gros mensonge. Et elle ne voulait pas que l’exposition soit le prix à payer pour son silence.»

On est quand même un peu tenté  de se demander pour qui roulent ces « spécialistes de la joie de vivire » ?  Allez donc faire un tour à la gelerie et faites vous votre idée de Larissa.

Expo « Nation Estate », ou la Palestine science-fictionnelle
de Larissa Sansour 


07/09/2012 | 20/10/2012 Galerie Anne de Villepoix
43, rue de Montmorency – 75003 Paris
Tél. : 01 42 78 32 24
www.annedevillepoix.comEn savoir plus sur Larissa Sansour
www.larissasansour.com
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