Main basse sur l’eau


Alors que la contribution des ressources palestiniennes au système aquifère de la Palestine historique (Israël et les territoires occupés) est de l’ordre de 47 %, la population palestinienne n’a accès qu’à 14% de l’eau disponible. Les nappes souterraines de Cisjordanie et de Gaza fournissent 724 millions de m³ (mm³) par an, mais les Palestiniens n’ont accès qu’à 257 mm³. En surface, les deux tiers des eaux provenant de la vallée du Jourdain (1300-1500 millions de m³ par an) sont utilisées par Israël et ce qui arrive dans les territoires palestiniens est impropre à la consommation (on y mesure un taux de chlore supérieur à 8000mg/l).

La distribution de cette eau dans les territoires est assurée par Mokerot, une compagnie israélienne. Cette compagnie privilégie les colons dans les territoires tant par les volumes d’eau distribués que par les prix pratiqués. On estime qu’en 1996, la consommation annuelle d’un colon s’élevait à 380 m³ en Cisjordanie contre 84 m³ pour un Palestinien de la même région et 357 m³ pour un Israélien. Cette même année, le prix facturé aux colons pour usage domestique était de 0,7$ le m³, de 0,16$ pour l’irrigation. Les Palestiniens doivent payer un prix unique de 1,3$ le m³.

Le problème de pénurie d’eau se double en effet d’une pollution aggravée. De nombreuses rivières palestiniennes et leurs eaux souterraines ont été polluées en amont par des décharges, des pesticides et engrais ou des activités industrielles israéliennes trop polluantes pour les standards israéliens et qui de ce fait se sont implantées en territoire palestinien. Gaza est selon la Banque mondiale un des cas les plus graves au monde : les productions agricoles y sont arrosées à l’eau de mer depuis quelques années déjà sans qu’aucun règlement israélo-palestinien n’ait été trouvé. Malgré toutes les conventions internationales (4ième convention de Genève notamment et l’accord d’Oslo II), les concessions d’Israël aujourd’hui se limitent à des rencontres multilatérales avec « échanges » d’information et de statistiques et l’encouragement fait aux Occidentaux de construire des usines de désalinisation ou de « dépollution » israélo-palestiniennes.

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